Pourquoi j’ai décidé de travailler 30 heures par semaine

Oui, 30 heures par semaine. J’ai pris cette décision au retour d’un long voyage fait en 2018. Je ne voulais pas perdre le sentiment de liberté que j’avais précieusement nourri tout au long de ces 8 mois. Je tenais également à faire évoluer mon identité en fonction de ma vie et pas seulement de mon travail.


Ça reste difficile de tenir cette promesse car je dois constamment repousser les effets psychologiques du tribalisme qui me disent de me conformer. Tu sais, ce désir d'être accepté qui fait parfois en sorte qu’on perd la connexion avec notre boussole interne. C’est ce que véhicule (ou devrais-je dire, martèle) la voix d’une culture de performance et ce, sans remettre en question la raison de celle-ci. On court après quoi? Le succès? C’est quoi au juste le succès?

L’humain est rempli de biais qui font en sorte qu’on ne sait pas vraiment ce qui nous rend heureux. On pense que notre titre, notre salaire, notre apparence physique ou encore des objets de toutes sortes font notre bonheur. La réalité en est tout autre!

Plusieurs études suggèrent que ce ne serait pas les aspects “titre” ou”salaire” de notre travail qui nous rendraient heureux, mais plutôt aimer ce que l’on fait, être bien dans notre équipe et avoir un ami au travail. Ce n’est pas notre apparence physique qui nous rend heureux, mais bien le sport en lui-même. Ce n’est pas notre performance mais bien ce qu’on a appris lors du processus. Ce n’est pas ce que l’on s’achète mais bien les expériences que l’on vit.

Mais pourquoi sommes nous aussi mauvais pour savoir ce qui nous rend heureux?

1. Parce que nos intuitions les plus fortes nous induisent en erreur.

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En effet, même si ces 2 lignes sont identiques on voit tout de même celle du bas plus longue! Ce n’est pas parce qu’on le sait qu’on arrête d’être biaisé. 

2. On pense en termes de référence.

L’humain se compare, c’est inhérent à son esprit. Le problème, c’est que lorsqu’on atteint un nouveau salaire, une nouvelle performance, une nouvelle voiture, on se compare à ceux qui ont plus, ou à la version précédente de nous-même, et on veut plus. 

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Si tu es le point orange, tu te sens plus petit (ou plus grand) selon ton cercle de référence. Remarque que tu es le même point orange, tu te sens juste plus petit ou plus grand. Une autre étude [1] vraiment surprenante demandait aux participants ce qu'ils préféreraient entre 2 options : 

La première: gagner un salaire de 50 000$ alors que leurs collègues gagnent 25 000$ 

La seconde : gagner un salaire de 100 000$ alors que leurs collègues gagnent 250 000$. 

Même si l’option 2 équivaut au double du salaire, 56% des gens choisissent l’option 1! 


3. On vit sans cesse de l’adaptation hédonique.

L’adaptation hédonique, c’est notre propension à vivre les hauts ou les bas des événements et changements de la vie de façon très éphémère pour retourner à un niveau de bonheur relativement stable. Donc sans trop s’en rendre compte, on s’accoutume à toute chose lorsqu’elle fait partie de notre quotidien. Cette théorie soutient que lorsqu’une personne gagne plus d'argent, les attentes et les désirs augmentent conjointement, ce qui n'entraîne aucun gain permanent de bonheur. Donc, ces choses-titre-salaire-apparence physique auxquels on aspire sont radicalement temporaires.


Il faut donc se rappeler ce qui nous rend vraiment heureux


Je disais donc que je travaille 30 heures par semaine. C’est 6 heures par jour oubedon 4 jours de 7h30. Même si mon cerveau se compare aux autres, je me rappelle constamment pourquoi j’ai fait ce choix. J’aime mon travail mais j’aime aussi avoir du temps pour cuisiner, bouger, lire, voir les gens que j’aime.

Pourquoi? Vous l'aurez compris ; pour être heureuse. Selon la science, les gens qui priorisent le temps à l’argent sont plus heureux. Et pourtant, 70% de la population priorise une heure de salaire supplémentaire à une heure de liberté. 

Les gens qui aiment ce qu’ils font tous les jours sont plus heureux. Les gens qui prennent le temps de bien dormir, bien manger, faire du sport et voir leurs proches le sont aussi. Toutes ces choses sont des expériences plutôt que des fins en soi et l’adaptation hédonique ne se produit pas pour des expériences. Il n’y a pas d’équilibre de vie-travail absolue, il faut trouver le sien et le respecter. J’ai trouvé (pour l’instant) le mien. Il se peut très bien que tu sois heureux.se avec 45 heures, mais il se peut aussi que tu aies intégré ce modèle pour te conformer à un standard qui brime ton bonheur. Si c’est ton cas, permets-toi de le revoir et de nourrir ton besoin de sens!


Chez HappyBus, on croit qu’il faut questionner ses acquis le plus souvent possible et qu’il n’y a pas de formule toute faite pour le bonheur. On pense que prioriser son bien-être au moins autant que son travail, ça devrait devenir à la mode. Être heureux mène au succès, le succès ne rend pas heureux. 

Références:

[1] https://thesunpapers.com/2020/05/28/mayors-message-more-lessons-from-the-science-of-well-being/


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